Thérapie par écrit

Thérapie par écrit
Saturday 03 March 2007

Chère Madame,

C’est après avoir lu, sur les conseils de ma mère, plusieurs de vos ouvrages que j’ai découvert que j’avais vécu une enfance malheureuse et traumatisante. Avant, je n’en avais pas conscience, je refoulais l’évidence.

Vous parlez, dans l’un de vos livres, d’une thérapie écrite dans laquelle il faut faire un état des lieux. J’ai voulu tout de suite la mettre en pratique. J’ai écrit plusieurs cahiers, et je n’étais pas entièrement satisfait. Suivant une intuition, j’eus l’idée d’écrire non sous forme narrative, mais interrogative. De fil en auguille, j’ai affiné une forme de technique écrite simple, faite d’une formule interronégative.

Les résultats ne se sont pas fait attendre, j’ai retrouvé immédiatement que j’avais été abusé sexuellement dans l’enfance par mon père. Puis d’autres souvenirs douloureux que je pensais avoir oubliés sont ressurgis; mon arrière grand-mère m’avait fait boire de l’alcool alors que je n’avais que cinq ans, ma grand-mère paternelle avait tenté de m’assassiner par empoisonnement botulique alors que j’avais 9 ans, j’avais tenté d’abuser sexuellement ma jeune soeur, mon père avait été particulièrement violent sans raison, lorsque j’étais adolescent, etc…

Les traumatismes et les manipulations dans mon enfance avaient été si nombreux que celles-ci expliquaient amplement pourquoi j’étais subitement devenu parano?aque à l’age de 17 ans et envoyé à l’hopital psyachiatrique pour un mois avec un traitement à l’haldol.Six mois plus tard, je faisais une rechute qualifiée de bouffée délirante et de délire mystique.

J’ai ensuite occuppé plusieurs métiers, où le stress déclenchait en moi des angoisses et des délires de persécution.
A 22 ans, je suis rentré dans une secte d’évangélistes, où j’ai commencé d’avoir des hallucinations auditives.J’y suis resté deux ans.

Progressivement, je me suis désocialisé, et suis devenu incapable de travailler puis d’avoir le moindre contact sans souffrir de délires de persécution ou d’hallucinations auditives.

C’est donc en désespoir de cause que je commen?ais une thérapie écrite à l’age de 25 ans, diagnostiqué comme souffrant de schizophrénie parano?de. Mon état n’a fait que s’améliorer depuis, sans jamais que je ne connaisse de rechute, et ce, sans aucun traitement médical. C’est à vous que je dois le déclic qui m’a permis de remonter la pente, car vous êtes une des rares à avoir dénoncé les si nocives violences perpétrées sur les enfants.

Aujourd’hui j’ai 37 ans, j’ai réussi à créer mon propre emploi dans la rénovation de batiments, et je songe à me reclasser comme psychothérapeute, car mes problèmes d’arthrose m’empêchent de continuer mon activité. J’ai écrit 170 cahiers, je continue d’écrire et de trouver les éléments qui expliquent le conditionnement de ma structure mentale.

Les explications que je donne aux differents psychiatres qui m’ont suivi ne les enchantent pas, car elles contestent le bien-fondé des théories freudienne. Tout ce que je trouve ne fait que démontrer que les problèmes viennent en amont et sont générés par les adultes, eux-mêmes dépositaires des problématiques psychologiques de leurs parents.Tant que les générations ne font pas office de filtre par la remise en question, les problèmes se transmettent aux enfants jusqu’à la catastrophe, par un mécanisme transgénérationel.

Je voudrais savoir si mon témoignage et ma thérapie vous intéresse, je serais heureux de vous en expliquer davantage, et plus heureux encore si cette thérapie pouvait être appliquée sur d’autres malades, pour en observer les résultats.

Veuillez recevoir, Madame, l’expression de ma considération,
OM

AM: Je vous remercie pour votre lettre. Bien s?r que je ne peux pas lire tous vos cahiers mais si vous voulez, vous pouvez nous envoyer 2 ou 3 pages représentatives qui pourront nous expliquer votre technique d’arriver aux traumatismes de l’enfance en posant des questions. Il faut que les pages montrent comment vos questions vous ont amené à trouver les souvenirs.