Sauver son parent

Sauver son parent
Thursday 16 February 2006

Bonjour Alice Miller,
Votre livre m’a chamboulé, a fait vibrer chaque partie de mon corps et a dessiné, enfin, des portes e sortie à mon mal-être! Merci!
J’aurais une question, dont vous y répondez d’une certaine manière dans votre livre mais j’ai besoin du déclic….
Je suis depuis longtemps remplie de colère, ?a bouillone en moi car j’ai tu en moi ces émotions, je me suis effacée face à mes parents, face à leur vécu, face à cet illusion d’amour tant cherché et aussi face à la culpabilité, évidemment! Ma mère fait partie de ces enfants maltraitées, abandonnées etc…et j’ai du toujours me taire face à son expérience, car, moi, contrairement à elle, selon ses sous-entendues, j’étais gatée, chanceuse, tandiss qu’elle…blablabla….MAis ce qui me fait peur maintenant, entre autres, c’est que moi, à mon tour, je me sente comme victime, qu’ayant dépassé mon seuil d’écoute et d’étouffement, dès que quelqu’un, des proches, commencent à me parler d’eux, je ressens ce malaise, cette colère, et cette peur d’être englobée danas l’histoire de l’autre et du coup mon ou?e, ma vue, mes sens se brouillent, car, je ne peut pas me permettre de ne pas écouter la souffrance de l’autre et surtout je ne veux ps reproduire le comportement de mes parents, alors je me culpabilise, je me déteste, d’avoir ce même genre d’attitude, ce sentiment de ne pas être écouté et! de projeter sur les autres mes manques…
J’ai bien entendu que pour tendre vers cela, il faut justement démystifier les parents et prendre conscience de mes maux(et mots) d’enfance….C’est ce que j’essaie de faire là, depuis la lecture de votre livre: le corps ne ment jamais…Mais étant rempli de colère, de reproches envers eux, j’ai peur de leur balancer tout ce fiel, à tout va, de vouloir leur faire du mal, les détruire verbalement…De plus, il y a cette croyance qui persiste que chaque individu porte en lui ces cicatrices et tentent de faire avec, et s’ils font de travers ce n’est pas intentionnellement…et qu’ils y a une compréhension à avoir envers autrui!? En fait, la réponse est de poser ces limites et de faire parler le corps à travers les mots et me détacher du sentiment de culpabilité!?
Il y a un autre état de fait, là, je suis à l’étranger, pour une formation qui aura duré 6 mois, et dans 1mois je retourne chez moi. Je vis seule mais mes parents vivent dans la même ville et forcément, il y aura le moment des retrouvailles (de plus je suis obligée de voir ma mère car elle a des affaires importantes à moi!)….et je redoute ce moment….Je sens qu’à nouveau je serais obligée d’être fausse, de parler tout en sentant en moi, qu’il y a quelque chose de plus important à dire, ce cri, qui est là depuis si longtemps, et qui a finalement bien souvent interferé dans mes relations…et je ne sais pas trop comment gérer cette situation, comment mettre sur le tapis ce désir de finalement être honnête avec moi-même et qu’on arrête cette communication superficiel, sous tension…..et c’est vrai j’ai peur, que si je lui sors toute ma vérité, qu’elle se sente encore abandonnée, car elle a cette pathologie là, qu’elle en arrive à se suicider, qu’elle devienne folle, car tout ce qu’elle a gardé depuis si longtemps, soit ?A explose en elle, soit elle va persister à le refouler, mais ce qui peut porter à la folie, tel Nietzsche!? à une maladie….donc, à nouveau, je me fais sainmaritaine…et je me dis qu’il faudra la conseiller, lui dire de s’écouter, de lire votre livre pour comprendre!? MAis j’aime pas ce r?le “moralisateur” comme elle dit où c’est moi, l’enfant, qui lui tiens des propos comme celui d’arrêter de se dénigrer, etcc….comme si je détenais la vérité…et je me dis si elle a réussi à vivre comme ?a, sans avoir de problèmes de santé (mais bon d’avoir des relations avec les gens que je considère comme faussée….) ben tant mieux pour elle peut-être est-ce trop tard, pour elle, de faire quelque chose et que ?a risquerait même d’être dangereux, de la faire sombrer dans la dépression…???? C’est vraiment dure de se dire qu’elle doit se débrouiller toute seule et que ce n’est plus mon problème (car je ne peux plus l’écouter c’est un fait!)!?! Et à mes amies, comment préserver l’écoute, car je n’arrive plus à discerner quand c’est réellement elles qui ne m’écoutent pas ou quand c’est la relation d’avec mes parents qui résonnent en moi???? Pour cela le témoignage d’Anita est très parlant et encourageant, mais je’aimerais pas perdre des amies à cause de mes bourreaux!!!
Que pensez-vous de la méthode Grinberg, thérapie corporelle qui aide à mieux écouter son corps? Serait-ce suffisant comme guide dans cette aventure ou est-il préférable de suivre une thérapie “verbale”? Quel genre de thérapie conseillerez-vous?
Encore merci pour vos réflexions et pour l’attention portée à mes questions-réflexions….
Sincèrement,
C.T.

AM: Vous écrivez au debut de votre lettre à moi:
“Votre livre m’a chamboulé, a fait vibrer chaque partie de mon corps et a dessiné, enfin, des portes e sortie à mon mal-être! Merci!” On dirait que c’est bien alors.
Mais vous continuez la lettre en me posant des questions comment vous pouvez aider votre mère qui était un enfant abusée, malheureuse etc et qui a besoin de vous. Et où êtes vous à la fin de votre lettre? Vous me semblez de ne plus exister. Vous me demandez si la méthode grinberg vous aidera de vous sentir mieux. Il est possible, essayez, il y en a des centaines de methodes qui peuvent vous aider contre le stress mais si vous continuez d’ignorer la petite fille qui a souffert et souffre toujour de son effort pour une tache impossible, le stress reviendra sans doute parce que votre corps sait que vous pouvez supporter votre vérité. Sinon vous n’auriez pas profité de mon livre. Votre mère? – ce n’est qu’elle-même qui peut s’aider SI ELLE VEUT.
Lisez ma liste FAQ sur la page “Article”. Cela peut vous aider de trouver ” un thérapeute, un témoin licide, qui pourrait vous accompagnier sur votre chemain vers votre souffrance et vous-même.

BO: Je suis très touchée de voir à quel point vous protégez votre mère, comme si vous aviez la toute puissance de la rendre heureuse ou malheureuse, comme si vous aviez le pouvoir de la rendre folle, dépressive ou suicidaire.

En vous tenant prisonnière de son enfer, de votre pitié, c’est vous que vous condamnez en vous privant de votre vie, de vos relations pour rester sous la chape de culpabilité que votre mère a déposée chez vous depuis la plus tendre enfance.

En vous disant que vous avez été chanceuse et gatée dans votre enfance, elle vous interdit déjà toute émotion , même si elle vous utilisait pour “se gater elle même”. Vous n’aviez pas d’autre choix que de supporter tous ses mensonges, de croire que son bonheur dépendait de vous, n’importe quel enfant manipulé est persuadé qu’il est responsable des bonnes et mauvaises humeurs de ses parents, mais aujourd’hui vous avez le choix de ne plus croire à toute cette tromperie pour vivre votre vie.

Vous pouvez également lire l’article sur “les sentiments de culpabilité”.

Cordialement Brigitte