Maltraitance ou pas? (2)

Maltraitance ou pas? (2)
Sunday 10 June 2007

Merci pour votre si rapide réponse, je n’en espérais pas tant!!!

Pour répondre à votre question… Je ne sais pas. Je ne me suis jamais posé la question en réalité.
En apparence oui, une mère disponible pour me conduire à différentes activités, pour me faire à manger, pour m’assurer un logement plus que convenable. Un père travaillant beaucoup pour payer la maison et avancer dans sa carrière, peu présent en réalité, sauf pendant les week-ends et certaines vacances…

Mais me suis-je faite bien traiter?

Je n’ai pas de souvenirs particulièrement réjouissants de ces moments familiaux. Je les fuyais en prétextant plein d’activité à l’extérieur de la maison. Je n’ai jamais partagé de choses personnelles avec mes parents (amitiés, amour, doute sur mes capacités, inquiétude face à l’avenir…). J’avais peur que mes mots se retournent contre moi ou soient utilisés hors contexte donc je parlais rarement. J’ai mis en place une capacité à être bonne partout (école, musique, sport, etc) pour que ma mère ne puisse rien me reprocher.
Je la tenais à l’écart de mes réussites (bonnes notes, spectacles, défis personnels, etc) pour éviter le risque qu’elle “souille” mes succès par ses incessantes critiques.
En effet, la question est bonne: est-ce que je trouve que j’ai été bien traitée?
NON
Au niveau émotionnel, en tous cas pas!
Je n’ai pas appris à gérer ce genre de chose parce que je n’ai pas eu d’exemple de gestion en face de moi.
Je me suis “coupée” de mes sentiments, c’était la solution la plus facile pour ne pas me faire “avoir” par ma mère. J’ai arrêté de ressentir pour tenir ma mère à l’écart. J’ai arrêté d’être vulnérable pour pouvoir toujours contr?ler qu’elle ne “touche” pas à ma vie.

Donc si je suis votre logique, les maltraitances sont des choses personnelles et c’est à chacun d’en sentir la gravité et l’impact sur sa vie d’adulte?
Par conséquent, toujours en vous comprenant, c’est à moi de répondre à mes propres questions en me laissant sentir “pour de vrai” et non en essayant de plaquer dans mon corps “ce que je devrais sentir, en tant que bonne fille bien éduquée”?
Alors, encore NON, je n’ai pas été bien traitée parce que je suis incapable d’oser sentir ce qui sommeil tout au fond (mais que je sens quand même, d’où mon incessant combat personnel). Dès que je me positionne de fa?on différente par rapport à la logique familiale et respectable attendue, je me sens vite coupable d’être une mauvaise fille, égo?ste et sans coeur pour reprendre les mots de ma mère.
Je commence à mieux saisir l’ampleur de votre question!!!
MERCI, je vais y réfléchir.
Meilleures salutations,
SH

AM: Je vous félicite pour votre courage à vous poser des questions en osant des réflexions pas habituelles. C’est comme ?a que l’on sort enfin du piège.

Réponse de Brigitte:

Vous avez eu le courage de regarder la réalité de vos parents, en prenant au sérieux la résonance de la question qui vous a été posée. Vous pouvez constater que vous n’êtes pas coupée de vous-même, au contraire vous sentez bien l’emprise de vos parents qui dure encore aujourd’hui.
Quand on respecte nos parents par la crainte, nous avons là un bel indice de mal-traitance. BO