Le cri du corps (suite)

Le cri du corps (suite)
Thursday 06 September 2007

La honte
Bonjour Madame Miller, Bonjour Brigitte,
Aujourd’hui Brigitte a validé par mail mes affirmations sur mes douleurs pendant mes règles. Et j’en suis très bouleversée… C’est très difficile pour moi….

Je ressens beaucoup de tristesse et de compassion pour la petite fille meurtrie et blessée que j’ai été et que je suis encore. Mais je ressens aussi tellement de honte, je me sens coupable, comme si c’était moi qui étais responsable de la perversion de mon père, comme si c’était ma faute comme si je l’avais poussé à bout, comme si je l’avais excité volontairement, comme si je lui avais donné mon accord… J’ai honte devant mon mari, je pensais avant de commencer ma thérapie que j’étais saine, vierge et qu’il était le premier homme à toucher mon corps… Mais, plus je vois la vérité plus je suis triste et abattue d’apprendre que d’autres (père, frères, oncles…)ont utilisés mon corps (et sali mon ame) avant l’homme que j’ai choisi et tout cela avec la ? bénédiction ? de ma mère. Toute cette souillure, cette pourriture, ce poison est incrusté en moi si profondément, que je ne sais pas comment m’en laver, m’en désinfecté…

Cet ? acné ? que je tra?ne depuis mon adolescence (je me souviens encore ma mère dire que c’est normal quand on a ses règles d’avoir des boutons !) m’enlaidi le visage, il montre que j’ai été marqué, par le viol et l’inceste, avec un fer rouge ! Ce fer rouge, cette acné me laisse des traces brunes sur le visage et je me trouve de plus en plus laide, moche… Il n’y a peut-être que mes larmes jusqu’ici retenues qui pourront peu à peu ? laver ? mon ame et mon corps.

Alors celui ci n’aura plus de raison de m’enlaidir le visage avec de ? l’acné ?.

J’ai très peur que mon compagnon, mon mari, me rejette en voyant qui j’ai été et ce que j’ai vécu. Comment peut-il encore avoir envie d’une femme comme moi ? d’une femme si salie !

J’ai honte, très honte, j’ai le sentiment que je ne pourrai plus faire l’amour avec lui ; je me sens tellement paumé. Je ne vais plus savoir si mes gestes sont sains ou pas… Je n’ai pour l’instant envie que d’une chose, c’est d’être contre lui, dans ses bras et de pleurer, pleurer, pleurer…
Ce serait bien que je lui parle de ce que je vis en ce moment, de voir ses réactions, son visage…

Je vous remercie pour l’attention que vous portez à mes courriers, vos réponses m’aident beaucoup et me guident… MERCI
Ps : j’ai fait lire ce que je viens d’écrire à mon mari et nous en avons parlés un peu… il m’a rassurée et depuis ?a va un peu mieux !
Réponse de Brigitte:

Oui c’est très douloureux de sentir autant d’humiliation et de tromperie alors que vous n’aviez que quelques petites années, vous avez été salie dans votre chair par la personne qui prétendait être votre père et c’est affligeant. Aucun enfant ne peut désirer des relations sexuelles si il n’y est pas initié et obligé par des personnes totalement perturbées, c’est votre père qui devrait avoir honte d’avoir brisé votre innocence et volé votre enfance. Vous n’êtes absolument pas responsable de la folie de cet homme, vous ne pouviez que la subir parce que vous n’aviez ni la force de vous défendre, ni la possibilité de le dénoncer à votre mère qui acceptait les crimes de son mari. Vous étiez tellement SEULE devant autant de souffrances et de douleurs mais maintenant que vous avez eu le courage de dire toute la vérité avec autant d’authenticité vous n’êtes plus seule et votre corps vous en remerciera. BO