Je peux ne pas aimer mes parents

Je peux ne pas aimer mes parents
Monday 19 November 2007

Madame Miller, Brigitte
je relis “notre corps ne ment jamais” que je n’avais pas pu finir il y a 2ans. je n’étais pas prête, je crois!
je viens de découvrir votre site et je m’y suis plongée presque “avidement”
j’ai pris conscience avec mon thérapeute des années de maltraitance de mon enfance alors que l’image qu’on m’a toujours renvoyé était bien autre!
fille de pasteur, la 6ème sur 7, je n’ai pas trop subi de coups alors que mes frères, un surtout, ont été souvent frappés. pour moi, ce qui reste ce sont les traitements spéciaux inventés par ma mère comme laver la bouche avec du savon quand on disait des “gros mots”.
le plus douleureux reste l’ignorance: nous n’étions rien, non seulement pas important mais en plus “chanceux ” d’avoir de tels parents; nous passions toujours après les paroissiens qui étaient là tout le temps. pas un instant d’intimité en famille, toujours en représentation, toujours sous le regard des “autres” qui nous enviez, en plus!
nous nous élevions entre nous, les plus grands s’occupant des plus petits, comme abandonnés à nous-même. la maltraitance s’est alors retournée par l’intermédiaire de mes frères contre moi, celle qui disait rien. ma petite soeur criait si fort qu’elle était préservée.
alors moi, j’ai été battue par un frère, “étranglée” régulièrement par un autre et subi des attouchement par le 3ème.
j’ai jamais pu dire quoique ce soit et j’ai vécu jusqu’il y a peu avec tout ?a! le chemin est dur pour comprendre mais je sens bien que j’avance
je fais partie maintenant de ceux “qui voient” et je trouve très dur de vivre à coté de ceux qui ne voient pas. nous ne sommes plus dans le même monde! mais du coup je suis encore rejetée du clan qui se referme autour du père, vieux, et immobile dans ces certitudes!
et là j’ai encore du mal à accepter de ne plus être “dans la famille ” même si je sais que je sauve ma peau! mes soeurs perpétuent la folie de ma mère et mon père y trouve son compte. et moi on me repproche des tas de choses, je suis encore le vilain petit canard, “je fais tant de peine à papa”! et je me sens culpabilisée bien sur assez vite. je ne suis pas encore sereinement “dans le monde parrallèle”
je suis entrain de prendre conscience que mon père ne nous a jamais aimé comme un père et que l’amour que j’attendais de lui, il est incapable de me le donner.
l’amour et la parole divine ont toujours remplacé la parole du père. nous avons été élevés dans une telle confusion!
de là à reconnaitre que je peux ne pas l’aimer? je crois que j’y viens.

la lecture de vos livres et des lettres sur votre site m’ont permis de voir que je ne suis pas seule dans ce questionnement et m’a éclairé et un peu apaisé.
je vous en remercie

Réponse de Brigitte:

Votre difficulté à accepter de ne plus faire partie de cette famille montre bien votre faculté enfant à vous y être adaptée. Vous avez grandi sous les mauvais traitements de vos parents qui vous ont lavé la bouche au savon (quelle HORREUR), ignoré, vu comme rien, abandonné, battu, étranglé et abusé sexuellement par votre frère, et tout ?a par amour pour vous !!!.
Parce que vous n’aviez pas le choix enfant, vous l’avez cru et ?a vous a sauvé, mais aujourd’hui en le croyant encore vous vous détruirez. BO