Il s’agit de ressentir

Il s’agit de ressentir
Wednesday 15 November 2006

Bonjour,
Je suis à lire ? notre corps ne ment jamais ? et je me rends compte que je n’ai pas encore éprouvé de colère, enfin je ne l’ai pas exprimée envers ceux qui m’ont blessée.Et mon corps me parle beaucoup mais que c’est douloureux !!!
En résumée voilà ma vie, j’ai la cinquantaine :
fiou c’est une longue histoire,euh pour faire le + court et dans l’ordre :
-tentative d’étouffement de la part de ma mère quand j’étais très petite
-maltraitance de sa part qui allait des coups à être attachée des heures à une rampe d’escalier,et maltraitance psychologique
-ne pas avoir le droit de parler : la fermer quoi
-inceste de la part de mon frère,attouchements pendant des années pour se terminer par un viol vers 11 ans
-puis inceste maternel qui a pris la suite jusque 13-14 ans
-beaucoup de somatisations à la suite de tout cela (infections urinaires, rhumatismes articulaires, douleurs diverses !!!
-Vie de mariage compliquée (là aussi somatisation : vaginites, état dépressif,fatigue +++)
-naissance des enfants aussi compliquée
-décès de mon frère quand j’avais 29ans
-décès de ma mère 4 ans + tard (aussit?t, hémorragies dues à un fibromes, hystérectomie quelques années plus tard à 38 ans)
-dépression qui a commencé 6 ans après
-a 44 ans la première chose qui refait surface dans ma mémoire:le viol
-thérapie qui permet de continuer dans la survenue des souvenirs,ail,ail,ail !!!
-décès de mon père en 2001 (3 semaines après c’est une inflammation de la bouche (qui est encore présente) qui est survenue sans cause apparente : bilan chez un stomato)
-difficulté pour maintenir un travail, mise en invalidité en 2002
-je continue dans la somatisation et poursuit pour cela une thérapie analytique basée sur la somatisation
-et voici une semaine juste, annonce d’un cancer de l’oesophage chez mon mari (diverticulose depuis + une mouche dans un ?il qui a nécessité un fond d’?il) c’est un décollement de l’humeur vitrée de la rétine.

C’est peut-être tout, je ne sais plus trop !!!je me demande jusqu’ou cela peut aller et surtout quoi faire pour que cela cesse ?
Alors le livre d’Alice Miller me parle beaucoup, mais combien de temps encore en thérapie pour que tout soit compris ? (11 ans de thérapie ,2ans de thérapie analytique chez ce psychiatre.
Merci de votre réponse éventuelle

AM: Vous demandez:”combien de temps encore en thérapie pour que tout soit compris ? (11 ans de thérapie , 2 ans de thérapie analytique chez ce psychiatre).”
et vous racontez: “je me rends compte que je n’ai pas encore éprouvé de colère, enfin je ne l’ai pas exprimée envers ceux qui m’ont blessée. Et mon corps me parle beaucoup mais que c’est douloureux !!!” Après vous racontez votre terrible histoire.
Vous ne pouvez pas guérir de votre enfance si vous n’avez jamais vécu votre colère contre vos parents qui l’ont méritée. Et vous ne pouvez pas profiter d’une “thérapie” qui vous empêche de vivre cette colère. Il ne s’agit pas de “tout comprendre”, il s’agit de RESSENTIR les émotions de la petite fille terrorisée par ses parents à une époque où elle avait besoin de leur amour et support. C’est après, qu’on peut se comprendre. C’est votre indignation sur les crimes que vous avez tolérés si longtemps qui pourrait vous libérer de votre souffrance d ‘aujourd’hui. Les visites chez les psychiatres qui essayent de vous calmer sont contre-productives.

Réponse de Brigitte:
11 ans de thérapie basée sur la somatisation plus deux autres années chez un psychiatre pour vous apercevoir que vous n’avez pas encore éprouvé de colère envers ceux qui vous ont aussi abominablement endommagée. Il est grand temps pour vous d’ouvrir les yeux sur ceux qui ont prétendu vous aider, vous ne croyez pas?
Visiblement la cruauté de votre mère et de votre frère, n’a pas été identifiée comme telle et depuis treize ans on ne fait qu’amplifier la confusion dans votre cerveau, ce qui n’a pas pu vous permettre de toucher à votre rage et votre haine contre eux. Ce sont ces émotions que vous avez refoulées depuis si petite et qui ne vous ont pas été permises de vivre dans le courant de votre thérapie qui vous maintiennent prisonnière de ce passé si tourmenté.
Tant que l’adulte que vous êtes ne peut pas rencontrer cet enfant meurtri, furieux et exaspéré d’être nié, vous resterez dans cette prison de la somatisation, par contre quand il se sentira écouté et protégé vous le libèrerez de l’enfer dans lequel il a vécu.
C’est en taisant vos émotions que ce sentiment de haine vous empoisonne et manifeste toutes sortes de somatisations, mais si vous pouvez ressentir votre tragique histoire en vous permettant d’exprimer tout ce que vous avez accumulez, ce poison se dissimulera pour vous rendre la liberté.
Il n’est pas dangereux de sentir la haine contre ceux qui nous ont détruits, par contre il peut l’être quand on veut continuer à la refouler pour protéger encore ceux qui nous ont anéantis. BO