Il n’y a pas d’age pour comprendre les travaux de Miller

Il n’y a pas d’age pour comprendre les travaux de Miller
Monday 18 August 2008

Bonjour Madame Miller,

J’ai 20 ans et je serai étudiant à Lyon à la rentrée prochaine. Je souhaiterais devenir un psychologue “de type” Alice Miller, c’est à dire qui a réussi à regarder en face ce que ses parents lui ont fait. Et pour cela je ne vois pas d’autres solutions que de suivre moi même une thérapie auprès d’un psychologue “de type” Alice Miller.

J’ai envoyé beaucoup de mails à des thérapeutes de Lyon, en m’inspirant de vos recommandations offertes dans la FAQ. Déjà, il m’a été difficile de me retrouver au milieu des spécialités des uns et des autres : analyse transactionnelle, psychothérapie multiréférentielle, psychothérapie psychocorporelle, Gestalt thérapie, PNL, analyse psycho-organique, psychothérapie analytique, psychosomatothérapie, psychothérapie centrée sur la personne…
Et j’ai aussi eu beaucoup de peine à comprendre les réponses que ces thérapeutes m’ont adressées, comme par exemple :”la thérapie est un processus de changement de soi”.

Jamais en tant que thérapeute je ne pourrais brandir une phrase aussi vide de sens à un de mes patient. Je ne comprends pas. Je me demande vraiment quelle est la proportion de gens qui sont réellement guéris après de telles thérapies. Pour moi la thérapie est nécessaire lorsque le patient n’est pas capable de regarder soi même son histoire avec lucidité, et le r?le du thérapeute est d’apporter cette lucidité, étant libéré de toute peur enfantine. Pour moi un thérapeute n’est rien d’autre qu’une personne douée d’un coeur et qui a réussi à regarder en face ses souffrances d’enfant. Je me demande alors pourquoi s’égarer dans l’analyse transactionnelle ou l’analyse psycho-organique, dans des concepts, des théories, alors que la thérapie repose sur la capacité du thérapeute à s’indigner des crimes des parents du patient.

Mais alors, si toutes ces thérapies marchaient vraiment, cela signifierait qu’un être incapable d’être lucide sur son enfance pourrait s’en sortir par d’autres moyens que la redécouverte de sa vérité enfantine. Mais on continue à se mentir !!
Les thérapeutes qui ont lu vos livres (je suppose qu’ils sont une majorité) ont bien d? se rendre compte que vous aviez découvert quelque chose d’important. Vous avez soigné durablement des personnes anorexiques, vous avez libéré des dizaines de personne de leurs maux, uniquement par votre indignation. Et pourtant les thérapeutes continuent à faire comme si cela n’existait pas. Dans leurs mails de réponse, j’ai l’impression qu’ils se sentent insultés que je leur parle de vous, ils minimisent vos découvertes en me disant par exemple : “Alice Miller a eu le courage d’écrire ce que d’autres ne faisaient que penser”.

Je suis désolé de vous infliger ma colère, mais je tiens à vous faire partager mon indignation devant un certain nombre de ces thérapeutes en lesquels beaucoup de patients comme moi doivent faire reposer leurs espoirs de guérir.

J’ai rencontré quelques thérapeutes exceptionnels “de type” Alice Miller. Ils existent mais ils sont loins de moi. C’est pour cela que je vous demande, en sachant que vous allez s?rement me dire que vous aimeriez pouvoir me répondre mais que malheureusement vous n’avez pas trouvé les bons thérapeutes non plus, si vous connaissez des thérapeutes à Lyon dignes de l’attente légitime de leurs patients.

J’espère devenir plus tard un bon thérapeute, et si cela est le cas, j’envisage de créer un annuaire en ligne de thérapeutes dignes des attentes des patients, de thérapeutes “de type” Alice Miller, sur lequel pourrait figurer les commentaires des anciens patients et peut être aussi les réponses des thérapeutes aux questions de votre FAQ. Qu’en pensez-vous ?

Je vous remercie de m’avoir lu.

Réponse de Brigitte:

C’est encourageant de voir qu’il existe des personnes comme vous, vous semblez avoir compris ce que la majorité du monde de la thérapie n’a jamais compris et n’a jamais voulu savoir.
J’espère que vous pourrez garder cette lucidité et cette sincérité durant vos années d’études où vous serez peut être découragé d’entendre toutes sortes de concepts qui n’auront rien à voir avec les travaux de Miller et qui n’ont que pour but de protéger les parents.
Votre projet de liste sera réalisable si vous trouvez des thérapeutes qui n’ont pas peur de dénoncer les maltraitances des parents sans se corrompre ensuite dans le pardon ou la spiritualité. Bonne continuation à vous. BO