Faire remonter les traumatismes

Faire remonter les traumatismes
Monday 17 April 2006

Bonjour Madame.
Je suis d’accord avec vous sur l’éducation. Il faut interdire les violences physiques et psychologiques, la cruauté, sur les enfants.
Par contre, je me demande si, pour les adultes qui ont re?u une éducation de type “pédagogie noire”, le meilleur moyen pour s’en sortir est de faire remonter les traumatismes à la surface. D’ailleurs, presque personne n’y arrive. A quoi ?à sert de passer 50 ans en analyse, pour avancer de 50 cm au final ?
Cordialement.

AM: Dans mon livre “Notre corps ne ment jamais” vous trouverez les réponses à vos questions et encore beaucoup plus. Les psychanalyses ne sont pas là pour trouver les traumatismes de l’enfance mais pour les nier. Alors même 50 ou 100 ans ne changeront rien, vous avez raisons. Mais chacun qui VEUT savoir comment il a souffert enfant peut le decouvrir et grace à cela changer sa vie. Interdictions ne changent rien si les parents nient les maltraitances subites. Ils répètent automatiquement le même avec leurs enfants sans se rendre compte de leur douleur. Lisez mon dernier article sur “les raisons trouvables” si ce problème vous interesse vraiement. Merci pour le lien au site sur les horreurs de la trafique africaine.

Réponse de Brigitte:
Personne ne voudrait passer 50 ans en analyse pour ne rien y faire, par contre rencontrer un témoin lucide dans sa vie peut changer beaucoup de choses, ne serait-ce que de se rendre compte que ce que l’on a vécu n’était n’y normal, n’y juste, c’est le premier point qui nous éviterait de répéter aveuglément sur nos enfants.
C’est entre autre l’indignation et la lucidité du thérapeute qui peut provoquer une réaction et donner l’accès à nos émotions et pas à pas nous permet de retrouver son vrai soi afin de réagir dans les situations appropriées. La neutralité d’un analyste ne permet pas ce travail parce qu’il ne peut pas réagir au discours de son patient , c’est pourquoi cela peut durer des années “pour avancer de 50cm au final” parce qu’il n’a personne en face pour lui montrer la douloureuse réalité de son enfance qu’il a idéalisée et surtout “achetée” comme normale.