Avoir honte de nos parents

Avoir honte de nos parents
Friday 14 December 2007

La fille devait avoir dans les 20 ans. Elle était assise sur le perron de la maison quand sa mère vint la rejoindre. – ? Je vais partir, divorcer mais il faut que je puisse compter sur toi, que tu me promette que tu m’aideras financièrement. Je dois pouvoir compter sur toi sinon je ne pourrais pas partir ?
La fille, habituée à l’emprise de sa mère sur elle depuis son plus jeune age ne se rebella pas. Elle promit. La mère chercha donc un appartement. Puis, un jour de juin, la mère quitta son mari en lui suggérant toutefois qu’elle reviendrait peut être, qu’elle avait juste besoin de réfléchir. Mensonge, bien sur. La mère ne savait pas faire autrement que mentir.

Les deux femmes – la fille et la mère – ainsi que le fils de cette dernière déménagèrent. La mère avait trouvé un appartement dans le centre ville. Ils étaient trois…. mais il n’y avait que deux chambres. La mère imposa alors à sa fille de dormir avec elle :
– ?Nous sommes des femmes adultes, nous devons dormir ensemble et laisser la chambre à F qui est un gar?on ?.
La fille le vécu très mal, son corps la fit souffrir. Elle ne dormait plus. Elle n’allait pas très bien d’ailleurs depuis quelques temps – ? dépression ? avait dit le médecin. La mère ne s’était pas alarmée. Avoir envie de mourir ou avoir un rhume, quelle importance, c’est la vie ! La fille se sentait aussi coupable de ressentir autant de dégo?t envers la mère. Elle ne supportait pas de dormir avec elle. Pourquoi la mère n’allait elle pas dormir dans le salon ? Pourquoi imposait-elle à sa fille de dormir avec elle ?
Deux mois passèrent, elles déménagèrent à nouveau dans un autre habitat avec… deux chambres. La fille dut à nouveau dormir avec sa mère ce qui aggrava sa dépression, elle devint presque anorexique. Alors, dans un sursaut de survie inconscient, elle prit la décision d’aller dormir dans la chambre de son frère, de se créer un endroit à elle, serein et sans la mère. La mère entra alors dans une rage terrible et destructrice et se déchaina contre sa fille. Elle se comporta telle une amante rejetée et s’acharna sur son enfant avec un sadisme sans nom. Elle l’humilia chaque jour un peu plus. Eut des paroles blessantes, essaya de la ramener au même rang que la chienne de la maison. Obligea sa fille à dormir par terre pour laisser le lit à son frère, qui lui le méritait (dieu merci, le frère, en cachette offrit plus d’une fois son lit à sa s?ur et alla dormir par terre, rétablissant par là l’équilibre )… Mais elle fit bien pire encore : le visage tordu de haine, elle accusa sa fille d’inceste envers son frère, lui dit qu’elle était malsaine. La fille se sentit salie au plus profond de son être. Tout ce qu’elle voulait c’est un endroit à elle, ne plus être obligée de dormir avec sa mère.. Elle ne voulait pas de la place de mari que sa mère voulait lui imposer. Elle n’était pas le mari de sa mère ! D’ailleurs, vint un jour le jour où la mère rencontra un homme. Sa fille ne lui fut plus d’aucune utilité alors elle la rejeta avec cruauté et lui interdit l’accès à la maison par des mots bien durs…
Contre toute attente, la fille ne s’effondra pas : elle put enfin s’autoriser à ha?r cette femme, sa mère qui avait joué avec elle depuis son totu jeune age au grès de ses besoins. Jamais elle n’avait eu le droit à sa place de fille. Tant?t elle était était la mère de sa mère, tant?t son “dépotoire à haine”, tant?t son mari, tant?t… le chien. Mais jamais sa fille. Jamais.

Aujourd’hui, à 40 ans, je porte encore les stigmates de la honte de ce que je vis comme un viol. Oui, il y a des formes d’inceste, sans relations sexuelles, qui laissent des traces profondes. Dieu merci, cette honte est (enfin) consciente et pourra être rendu à son juste destinataire : la mère. Et je suis heureuse de ne pas être devenue folle.
Comme vous le dites Alice Miller, il n’y a pas que les coups physiques qui font mal….

Réponse de Brigitte:

Il y a de quoi avoir HONTE d’avoir une mère comme la v?tre, elle est totalement folle, vous avez raison vous n’avez été qu’un vulgaire objet que l’on jette quand on n’en a plus l’utilité. C’est ignoble d’être traitée comme une serpillière, heureusement que vous avez saisi l’opportunité d’être mise à la porte pour ha?r cette femme, c’est sans doute cela qui vous a sauvé. Votre répulsion à 20 ans de devoir dormir à ses c?tés est tout à fait compréhensible, votre corps a gardé en mémoire la cruauté, le sadisme et la dangerosité de cette personne et dans son lit vous vous exposiez encore à sa merci.
Voyez-vous comme vous ne pouvez pas trahir votre corps, comme il sait tout ce qu’il s’est passé, c’est votre seul et unique témoin et votre récit est un bel hommage que vous lui rendez. BO